Partout, l’absentéisme est une faute 14/05

Ce matin, triomphe modeste. Un député, ça doit députer. Point à la ligne. Insupportable absentéisme parlementaire. Les raisons ne peuvent qu’être mauvaises. Ne pas être dans l’hémicycle au moment du vote des lois est une faute. Partout ailleurs, l’absence est une faute. Donc, c’est aussi une faute dans le petit monde si souvent étrange de la politique.

Et le président du groupe UMP à l’Assemblée nationale? Il doit présider, c’est simple, c’est-à-dire veiller à ce qu’ils soient là, en nombre suffisant, pour ne pas permettre ce détournement démocratique qui transforme, l’espace d’un scrutin technique, l’opposition en majorité.

Je repensais hier soir aux propos réitérés du président de la République sur celui de la Société générale après le scandale du trader. Le premier se demandait comment le second pouvait rester à son poste après une telle catastrophe. Quand on est responsable, on l’est totalement, expliquait en substance le président de la République. Et là, que dit-il du chef des députés UMP ? Totalement responsable, lui aussi ? Ou totalement irresponsable ? Démission ou pas ?

Dans l’idéal, la politique devrait toujours donner le bon exemple. Dans la vraie vie, elle devrait souvent donner le bon exemple. En France, voilà longtemps qu’elle ne donne pas souvent le bon exemple.

Ce matin, Louis Gallois, président exécutif d’EADS, était l’invité de RTL, à 7h50. Pour la quatrième fois en deux ans, Airbus annonce des retards dans la fabrication de son avion vedette, l’A380.

Au micro, Louis Gallois a voulu relativiser les contre temps. C’est un avion unique, a-t-il plaidé, pratiquement expérimental. Airbus doit acquérir un tour de main, un savoir faire, pour une machine dont on vantera les qualités dans quelques années. L’argumentaire est probablement juste. Que dira-t-on de l’A380 dans quinze ans, quand seront établis ces performances, son confort, sa régularité ? Les désagréments des débuts seront dans les livres de l’histoire de l’aéronautique, ils ne seront plus dans le présent.

Le hic, c’est notre présent. Une succession de retards, ce n’est pas grave, sauf que cela ronge la crédibilité, la fiabilité, du constructeur. Des compagnies aériennes peuvent, à bon droit, hésiter avant l’achat. Ce qui, en écho, accentue la fragilité d’une entreprise livrée à la concurrence et à la dureté de la conjoncture. 

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Nicolas Sarkozy pense que rien n’est foutu tant qu’on agite les bras

Il faut le voir gigoter sur les tribunes pour brasser un air pas franchement convaincant. Nicolas Sarkozy ne sait plus quoi inventer pour
se moquer de ces pauvres désabusés qui ont voté pour lui et se réveillent avec un sacré mal au fondement.

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Cumul des mandats et cumuls journalistiques: une comparaison ridicule et volontairement intimidante

J’avais loupé l’épisode, je l’ai vu, hier soir, dans le zapping de Canal Plus.

Jean-François Copé, maire de Meaux, député UMP de Seine-et-Marne, président du groupe UMP à l’Assemblée nationale, est face à la journaliste Laurence Ferrari, dans l’émission « Dimanche Plus ». Celle-ci l’interroge sur le cumul des mandats : bien pas bien ? Et la réponse de Jean-François Copé est précise, chirurgicale, mais aussi stupéfiante. En gros, il dit à la journaliste, mais vous aussi vous cumulez, d’ailleurs j’admire votre carrière, la télévision, la radio, donc, vous êtes mal placée pour présenter cela comme un problème.

Déjà, il y a quelques semaines, Eric Woerth, ministre du budget et maire de Chantilly, m’avait cueilli avec un argument de la sorte : je cumule, vous cumulez, donc, nous n’en parlons pas. Déjà, il y a quelques mois, lors d’un déjeuner, Jean-François Copé m’avait dit la même chose. Plus de doutes : c’est un argument que les responsables politiques resservirons, nous sommes désormais face à une stratégie de communication. Et cette stratégie là, il faut lui tordre le cou pour sa fausseté, son étrangeté et aussi, osons le mot, sa violence.

Représenter le peuple au parlement, ou prendre en charge la gestion d’une municipalité, sont des tâches qui relèvent de l’organisation de la société. Il y a donc un intérêt public à évoquer les conditions dans lesquelles sont exercés ces mandats. Les cumuler, les mandats, entraîne plusieurs conséquences néfastes. Les ayant maintes fois exposées, je les rappellerais ici brièvement.

Quand on est maire et ministre, par exemple, on a tout simplement pas le temps matériel de remplir les deux fonctions. Ce n’est pas pour rien que la sagesse populaire a inventé l’expression « d’agenda de ministre ». Il ya donc un mensonge dans l’attitude même de l’élu. Du coup, il exerce mal, ou de loin, la responsabilité d’élu local qui lui a été confié par le suffrage universel.

Quand on est député et maire, ou sénateur et maire, c’est autre chose. Là, c’est le mandat national qui trinque. L’absentéisme parlementaire, en France, est directement lié au cumul des mandats. Mieux vaut être patron chez soi que godillot à Paris. Jean-Louis Debré, du temps de sa présidence de l’Assemblée nationale, se désolait de voir les députés arriver le mardi matin à Paris et repartir le mercredi soir en province. Ses diatribes privées contre l’absentéisme de ses collègues se nourrissait de cette désolation. Rappelons au passage que le cumul de ces fonctions nationales et locales est une exception mondiale, justifiée soit disant par l’atout que représenterait pour le législateur d’avoir un ancrage local. Foutaises ! Les lois allemandes, espagnoles ou britanniques, écrites par des parlementaires qui ne sont que cela ne sont sûrement pas inférieures aux lois françaises.

En revanche, les désagréments du cumul sont évidents. Le parlement s’est désinvesti de sa fonction de contrôle de l’exécutif. Premier et grave problème. D’autre part, un député battu ne quitte pas la scène locale puisqu’il est encore maire. Il est alors courant qu’il utilise les moyens de sa mairie pour préparer sa revanche. Détournement évidemment condamnable qui explique l’absence très étrange d’un statut de l’élu en France. Et s’il cumule longtemps les deux casquettes, alors il tarit pour quelques décennies les possibilités de renouvellement de la représentation publique dans un bassin de population. C’est là, dans cette abominable pratique du cumul des mandats que se trouvent les racines de la sclérose politique française.

Ajoutons enfin pour parfaire la liste des méfaits que le cumul entretient : la multiplication des strates politiques. En effet, si un maire ne cumulait pas, s’il n’était que maire, on se poserait réellement la question du regroupement des communes, puis dans la foulée de la disparition des conseils généraux, c’est-à-dire départementaux. Il serait très facile, en effet, de confier la responsabilité de l’aide sociale aux communes regroupées en communauté de commune et celle de la rénovation des collèges à la région, déjà en charge de celle des lycées. Ainsi, nous aurions une carte politique à trois étages, communes regroupées, régions, parlement, plutôt que celle, actuelle, à cinq étages, communes, communautés de communes, départements, régions, parlement. En entretenant le cumul, les cumulards entretiennent le cumul des structures, ce qui est aussi l’entretien d’une forme de clientèle en même temps que la possibilité de verrouillage d’un territoire.

Cette description montre, en tout cas c’est le but, combien les enjeux liés au cumul des fonctions politiques n’a rien à voir, dans ses conséquences avec le cumul des fonctions journalistiques. D’ailleurs, ce second cumul n’en est pas un. Le journaliste ne se défausse sur aucune administration, et pour cause, son travail est personnel, solitaire presque, et relève de la sphère privée. Et puis, s’il fallait répondre pied à pied à un parallèle parfaitement faux, tout en ayant conscience qu’il est pervers d’entrer dans ce raisonnement qui accrédite l’idée d’une pertinence dans le parallèle, il faudrait ajouter qu’intellectuellement la matière d’un journaliste présente une certaine unicité, alors que celle d’un élu, national ou local, est beaucoup plus étendu, ce qui pose des problèmes d’emploi du temps, donc d’exercices de la charge, qui sont particuliers et donc uniques.

Demeure ce fait étrange que le parallèle a été fait, publiquement, par des élus. C’est là que se niche l’idée de violence. Le parallèle n’est pas établi parce qu’il est pertinent. Il a été établi parce qu’il est intimidant. Comment donc, madame ou monsieur, vous osez m’interroger sur le cumul alors que vous-même… ? Cessez donc de m’interrogez,, s’il vous plait, et continuons à cumuler de concert….

Voilà, en guise de conclusion, ce qu’il faut faire. Continuer, bien sûr, à dénoncer le cumul des mandats dans le but de parvenir, un jour, à ce que la démocratie française fonctionne comme ses voisines. Et au passage, pour vider la querelle, ceci : que le législateur, le jour où il instaurera le mandat unique, s’essaie donc à faire un sort particulier au journalisme en décrétant par la loi qu’un journaliste ne peut avoir qu’un employeur. On verra bien, alors, le ridicule de la situation comme il y a aujourd’hui un ridicule de la comparaison.

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Interview de Jawad Boulos : Liban, Démocratie … Facebook

Jawad Boulos est membre du parlement libanais. Elu pour la première fois en 2005, au sein de la coalition qui détient actuellement la majorité, il milite pour préserver l’indépendance du Liban.

Rencontré à l’occasion d’une conférence sur la netpolitique organisée par l’Institut Aspen, Jawad est intervenu à l’issue de la présentation pour…

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Conférences et évènements : à vos agendas

Quelques conférences récentes et à venir à suivre du coin de l’oeil :

- “Que reste-t-il des codes de la communication présidentielle ? Un an après…” : C’est le thème de l’un des…

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Sarkozy devient allergique à la caricature

Il aura fallu un an pour que d’une part Sarkozy devienne le personnage le plus détesté de France.

 

Merci à Lacombe

Et d’autre part qu’il avoue enfin une vérité difficile à occulter : il a horreur de la[…]

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La crise, la France et le postier 12/05

Le Liban se déchire, à nouveau. Dans ce domino sans cesse instable du Proche-Orient, les nouveaux soubresauts du pays du Cèdre inquiètent le monde entier. Entre Hezbollah et Hamas, l’Iran, pourtant faible à l’intérieur, ne cesse d’avancer ses pions. Du coup, Israël, affaibli lui aussi à l’intérieur par l’impéritie chronique de ses dirigeants politiques s’inquiète d’un futur sombre. Et avec lui, l’occident tout entier qui sent filer entre ses doigts l’écriture d’une histoire qu’il a si longtemps maîtrisé. Ainsi, de cercles en cercles, les désordres du monde nourrissent et prolongent une crise de confiance d’une rare intensité, dont rend compte la courbe ascendante du prix du pétrole.

Bientôt, très vite, chaque pays devra intégrer ces tourments dans sa stratégie. Le notre, qui semble si souvent vivre hors du temps, en est encore à ses rêveries. Nous écoutons avec une complaisance qui finira par devenir coupable les discours de réformette du pouvoir et ceux remplis de promesse de l’opposition. Et les syndicats participent à la danse en programmant, les unes derrière les autres, les manifestations d’un printemps aux chaudes températures.

Il ne faut pourtant pas des hectolitres de lucidité pour évaluer les périls qui nous menacent. La crise énergétique qui s’installe menace de gripper lourdement l’économie du monde. La France, irréaliste et rêveuse, risque de se trouver fort démunie face au danger. Le voile savamment tendu pour dissimuler les conséquences du déficit chronique de ses finances publiques pourrait se déchirer à la première alerte. Le moindre grain de sable dans la machine rendrait problématique le financement d’un Etat surdimensionné, d’un système social aux équilibres définis dans une économie de croissance, sans compter les promesses accumulées, RSA, porte-avions, hôpitaux, retraites, etc.

Ne pas informer un peuple des périls qui menacent pourrait être qualifié de non assistance politique à une communauté en danger. Mais nous sommes tellement habitués, sous ces cieux cléments, à la médiocrité du discours public qu’il se trouve peu de responsables pour imaginer que dire la vérité, préparer les esprits, anticiper les évolutions, ressort de l’ordinaire de l’action publique et non pas de son extraordinaire.

Ce que nous préférons, ce sont encore et toujours les belles histoires de la politique comme seule la France sait en produire. Dans nulle autre démocratie comparable à ce que nous sommes, on ne pourrait imaginer un face-à-face entre l’animateur le plus populaire de la télévision française et un représentant au visage avenant du trotskisme, variété intellectuelle née en Russie dans un siècle qui n’est déjà plus le notre.

Cette rencontre, diffusée hier à l’heure du thé sur une chaine de service public, dit bien l’état de rêverie dans lequel nous vivons. Croire et mettre en scène des artifices ne peut être que le préalable à des désillusions cruelles et douloureuses.

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Phom Penh

Saviez vous qu’au Cambodge, Alain Delon vend des cigarettes ? Il en vend dans toute l’Asie. Des panneaux publicitaires géants sont placés dans les carrefours majeurs de la capitale. « Cigarettes Alain Delon, le goût de la France ».
C’est un marché qui n’est pas encore régulé par ces emmerdeurs de la Santé Publique. Aucune mention sur les dangers du tabac, ces stickers désobligeants qui gâchent le commerce. Il y a du fric à se faire dans le Tiers Monde. Les asiatiques sont crédules. En prenant la pose, on arrive assez facilement à leur faire croire qu’on a la classe comme Alain Delon quand on fume des Alain Delon (au fait, en vrai, il fume Alain Delon ? ou c’est juste pour la photo ?).

A Phnom Penh, j’ai vu des adolescents clope au bec. Et même des petits loupiots de la rue, huit ou neuf ans, pas plus. Je ne vais pas faire facile et rappeler que fumer tue. Que fumer envoie les clients d’Alain Delon en soins palliatifs, car là où Alain Delon vend des cigarettes, il n’y a pas d’unité de soins palliatifs, du moins pas pour les indigènes.
Ils crèvent, c’est tout.

Mais attention, ne jamais croire que Alain Delon est un homme sans éthique ni principes. Il a même une vision du monde, Alain Delon. Il trouve qu’on paye trop d’impôts en France (combien il touche pour son petit business de cigarettes, Alain Delon, quelqu’un osera-t-il un jour lui poser la question ?). Il soutient Nicolas Sarkozy. Et il envoie une lettre au président chinois, en personne, pour protester contre les mauvais traitements aux chiens.
Il est comme ça, Alain Delon, courageux, droit, un rayon de lumière dans un monde gagné par les ténèbres.
Là où l’obscurité se fait, Alain Delon sera toujours là pour vous donner du feu.

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Sarkozy veut faire pleurer sur l’esclavage pour faire oublier les expulsions

La ficelle est grosse. Tellement grosse que Sarkophage
va se faire un main plaisir de la couper.

Merci à Laurent

Comme souvent, Nicolas Sarkozy a la subtilité d’un boeuf dans un champ de maïs. Aujourd’hui il a enfourché, une fois de plus, un des
dadas de Chirac : les[…]

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Pour Sarkozy si tout va mal c’est la faute aux journalistes

Nicolas Sarkozy songe sérieusement à éradiquer les journalistes de notre beau pays en grave crise. Car il pense avoir compris que si tout
va mal, c’est forcément de leur faute.

Merci à Goubelle

La croissance en berne, le pétrole trop cher, la dette[…]

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